Dans un article paru dans The Intercept, l'expert italien Alexander Stille compare le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump à Silvio Berlusconi. Il s’agit sans aucun doute d’un avertissement adressé à l’électeur américain. Réfléchir avant d'agir! Mais dans quelle mesure la comparaison est-elle réellement correcte ?
Pour évaluer cela, nous devons d’abord comprendre qui est réellement Berlusconi. Ou plutôt, car le rôle de Silvio Berlusconi semble désormais avoir été joué. A l'occasion du 80ème anniversaire de Monsieur B., j'ai lu l'ouvrage de Beppe Severgnini La pancia degli Italiani de 2011. Le livre dans lequel ce connaisseur de l'âme italienne tente d'expliquer le phénomène B. aux étrangers et aux futurs Italiens. Pas pour les Italiens d’aujourd’hui, car selon l’auteur cela n’a aucun sens. "Ils ont tous déjà fait leur opinion et sont solidement ancrés."
10 explications à la popularité de Berlusconi
Dans son livre, Severgnini donne dix explications à la popularité relative de Berlusconi parmi le peuple italien. Tout le monde ne l’a pas soutenu (tout à gauche le déteste comme s’il était le diable lui-même), mais Berlusconi a reçu suffisamment de soutien parmi les électeurs pour remporter les élections à trois reprises. De plus, tous les scandales ne l’ont finalement jamais abattu.
Le ventre de l'Italie
La principale raison du succès de Berlusconi que l'auteur a trouvée est le titre du livre. Berlusconi était le mannequin ventriloque d’une partie importante de la nation. Il a dit ce que pensait le (sous)ventre. En tant qu'homme d'affaires possédant des années d'expérience et de succès en tant que promoteur immobilier, Silvio Berlusconi avait développé un sens extrêmement aigu de ce qui se passait parmi les Italiens. Que voulaient-ils, de quoi rêvaient-ils, quels étaient leurs désirs ? Berlusconi a dit à ses électeurs ce qu'ils voulaient entendre. Il les a séduits en les imitant. Il fut le premier véritable populiste d’Europe occidentale.
Contrôle de la fourniture d'informations
Le fait que Berlusconi s’occupait principalement de ses propres affaires ne semblait pas vraiment importer à ses partisans. Pas même parce que Berlusconi contrôlait fermement la fourniture d’informations à son électorat. Ses électeurs ne s’informaient qu’à la télévision et regardaient les programmes contrôlés par Berlusconi.
Ceux qui en ont l'opportunité en profitent
Les nouvelles positives pour Berlusconi ont été soulignées et répétées (une des astuces marketing souvent utilisées par Berlusconi), tandis que les mauvaises nouvelles ont été cachées. Au plus 10 % des Italiens se sont suffisamment bien informés pour voir clair dans les mascarades, dit Severgnini. Et lorsqu’il n’a plus été possible de nier que Berlusconi utilisait sa position, de nombreux Italiens ont haussé les épaules. 'Chi può, fa. Chi non fa è perché non può.' Ceux qui en ont l’occasion en profitent. Quiconque ne le faisait pas n’en avait tout simplement pas l’occasion.

Il est comme elle
Un autre facteur important qui explique la popularité de Berlusconi est son humanité. Il ne prétend pas être meilleur qu'il ne l'est. C'est un homme, donc il a un faible pour les belles femmes. Il aime raconter de mauvaises blagues et être mesquin. Ce n'est pas un saint, il est à l'image de ses électeurs qui se sentent rassurés. Son comportement leur offre le pardon.
La richesse, le faste et le glamour de Berlusconi ne lui ont pas nui car il a assumé le statut de star. A l’image des stars hollywoodiennes tant admirées du public. Berlusconi était le prophète de la trinité moderne et mondaine argent-succès-pouvoir.
Du flair et de l'humour
Severgnini traite les dix thèmes qu'il a sélectionnés avec beaucoup de flair et d'humour. La pancia degli Italiani est un livre parfois hilarant. On commence vraiment à mieux comprendre pourquoi Berlusconi a pu devenir et rester si populaire. En fait, vous commencez à l’aimer un peu plus vous-même !
Trump est-il alors le Berlusconi américain ? Trump apparaît comme un bâtard maladroit comparé au subtil et rusé Berlusconi. Cependant, son côté véritablement sombre est moins évoqué. Les prétendus liens mafieux, les pots-de-vin, la corruption, l’intimidation et qui sait des choses encore pires. Pour cela il faut vraiment se pencher sur des études comme celles évoquées au début Alexandre Stille.
Berlusconi et les Italiens (La pancia degli Italiani)
Par : Beppe Severgnini (traduit par Miriam Bunnik)
172pages
prix : 5€
Nouvelle Amsterdam, mai 2011
ISBN: 9789046810309
Photo ci-dessus : Twitter




Commentaires