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Les élections ont bouleversé l’Italie

Le grand gagnant des élections Italie 2018 : Luigi Di Maio du Mouvement Cinq Étoiles
Le grand vainqueur des élections italiennes de 2018 : Luigi Di Maio du Mouvement Cinq Étoiles (image : YouTube)

« Di Maio gagne. L'Italie est ingouvernable. Le quotidien a repris ce titre La Presse Lundi 5 mars, on a résumé succinctement la situation créée par les élections de la veille. Lors des élections à la sortie des urnes du dimanche 4 mars au soir, il ne semble pas y avoir eu de victoire politique, mais comme c'est souvent le cas, cette fois aussi, les sondages se sont révélés largement erronés.

Gagnant : Mouvement Cinq Étoiles

Le grand gagnant est en effet Luigi Di Maio, le capo politique du Mouvement Cinq Etoiles (M5S), devenu de loin le parti le plus important avec 32 %. Mais le résultat de la Ligue (17%) est également surprenant. L’ancien mouvement séparatiste du Nord commence progressivement à prendre pied dans le sud, où le M5S est par ailleurs suprême. Ensemble, cela donne aux partis contestataires la moitié des voix. Un appel clair à une nouvelle direction. Mais par quel chemin ? C'est la question maintenant.

Résultat dramatique pour la maladie de Parkinson

Pour le Partito Democratico (PD), le résultat est dramatique. Le parti du Premier ministre Gentiloni et – surtout – de son prédécesseur Renzi est passé de 41% aux élections européennes de 2014 à 19%, soit moins de la moitié. Le PD n'est pas le premier parti social-démocrate à subir une telle situation, mais pour Renzi, c'est une raison de réfléchir sérieusement à l'avenir de son parti et à lui-même.

Matteo Salvini

Non moins surprenant est le mauvais résultat de Forza Italia (FI) : 14%. Aucun sondage ne l'avait annoncé, mais FI est désormais nettement inférieur à son partenaire de coalition, la Ligue. Il semble que de nombreux électeurs de droite aient préféré le jeune homme fort Matteo Salvini, leader de la Ligue, au fondateur et leader de FI, aujourd'hui âgé de 81 ans, Silvio Berlusconi, dont l'emprise sur le la politique italienne, là encore de manière inattendue, est devenu très faible.

Quoi maintenant

C'est la grande question. Aucun des trois grands blocs qui se sont affrontés lors de ces élections – centre droit (FI, Lega et quelques petits partis) ; M5S : centre gauche (PD plus quelques satellites) – a obtenu la majorité, il faudra donc former une coalition. Mais lequel?

La variante modérée PD+FI, qui semblait la plus probable au début de la campagne, est impossible : les deux ont trop peu de sièges pour cela. La Ligue et le M5S en ont assez, même si Bruxelles ne voudrait pas voir cela en raison de leur attitude eurocritique. D’ailleurs, Salvini a déjà fait savoir qu’il n’en avait pas envie. Il y a ensuite la possibilité d’un accord entre le M5S et le PD, mais il y aurait beaucoup de résistance à cela au sein du PD. Ou une grande coalition de FI, Lega et PD, ce qui semble également peu probable pour le moment.

Bref, il s'agira d'énigmes et de discussions, mais il est encore un peu tôt pour déclarer le pays « ingouvernable ».

Le nouveau parlement se réunira le 23 mars. Ensuite, c'est au président Mattarella qu'il revient de nommer un formateur après une série de discussions. Il va avoir du mal avec ça.

Écrit par Aart Heering

Historien qui vit en Italie depuis plus de 30 ans, dont 20 en tant que journaliste et 12 en tant qu'attaché de presse et politique à l'ambassade des Pays-Bas à Rome. Travaille à nouveau comme journaliste depuis mai 2022. Membre actif du Gruppo del Gusto, le groupe gastronomique de l'association de la presse étrangère à Rome.

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